<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" version="2.0"><channel><atom:link rel="hub" href="http://tumblr.superfeedr.com/" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"/><description>Tentative de décryptage de l’être humain en milieu hostile</description><title>Portraits en transports</title><generator>Tumblr (3.0; @portraitsentransports)</generator><link>http://portraitsentransports.tumblr.com/</link><item><title>junglebynight:

Elle avait raison. C’est joli la poudre des...</title><description>&lt;img src="http://25.media.tumblr.com/tumblr_lqhk0xIwJ11qckzy5o1_500.jpg"/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;p&gt;&lt;a href="http://junglebynight.tumblr.com/post/9373788030" class="tumblr_blog"&gt;junglebynight&lt;/a&gt;:&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Elle avait raison. C’est joli la poudre des craies.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;</description><link>http://portraitsentransports.tumblr.com/post/9376264269</link><guid>http://portraitsentransports.tumblr.com/post/9376264269</guid><pubDate>Thu, 25 Aug 2011 17:26:15 +0200</pubDate></item><item><title>La petite fille aux yeux vairons</title><description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;5 août 2011&lt;/em&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
Elle avait tout d&amp;#8217;une enfant ordinaire avec sa mignonne robe à fleurs,  ses sandales violettes et son mini sac à dos rose flashy. Il y avait même une  valise Hello Kitty à ses côtés. L&amp;#8217;accessoire typique de la petite fille  en 2011. Elle était plutôt très jolie avec son teint clair, son visage  tout doux, ses cheveux lisses. Elle portait un bandeau sur les cheveux,  lui-même tenu par des barrettes. J&amp;#8217;ai toujours trouvé un peu ridicule  l&amp;#8217;usage d&amp;#8217;un bandeau pour maintenir les cheveux puis de barrettes pour  maintenir le bandeau qui maintient les cheveux. Il y a là quelque chose  d&amp;#8217;un peu incohérent, je trouve.&lt;br/&gt; Ses yeux vairons. Ils lui donnaient une véritable étrangeté, à  l&amp;#8217;opposé de ce que reflétait le reste de son corps. Car ils n&amp;#8217;étaient  pas seulement  différents de couleurs mais aussi de formes. L&amp;#8217;un était d&amp;#8217;un très beau  marron profond et très ouvert, l&amp;#8217;autre beaucoup plus en amande dans des  tons  bleus-verts avec, me semble-t-il, un léger liseré jaune. Séparément  chacun de ses  yeux était sublime. Mais posés sur son visage, il lui donnait une  étrange asymétrie. Il parait qu&amp;#8217;on dit d&amp;#8217;un visage que plus il est  symétrique plus il est beau. Serait-ce à dire qu&amp;#8217;une personne au visage  asymétrique est nécessairement laide&amp;#160;? Comment cela est-il vraiment  possible alors que chaque élément du visage, chaque trait sont sans  défaut&amp;#160;?  En tout cas, je crois pouvoir dire que cette petite  fille, du haut de ses 5 ou 6 ans, m&amp;#8217;a prouvé le contraire.</description><link>http://portraitsentransports.tumblr.com/post/8602884875</link><guid>http://portraitsentransports.tumblr.com/post/8602884875</guid><pubDate>Sun, 07 Aug 2011 18:05:18 +0200</pubDate></item><item><title>La Terre est bleue comme une orange</title><description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;15 avril 2011 - pour Lili&lt;/em&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Et ronde comme cette grosse dame. C&amp;#8217;est  à peu près ce que je me suis dit en la voyant. Elle était assise en  face de moi dans le train. Imposante par sa rondeur, elle lisait un  livre, les jambes croisées. On était placées à l&amp;#8217;entrée de la rame, sur  les strapontins. Chacun avait donc sa place, large, bien  qu&amp;#8217;inconfortable. Son livre portait sur le choix de ne pas avoir  d&amp;#8217;enfant, il me semble. Je ne sais pas pourquoi ça m&amp;#8217;a marqué. Elle  était concentrée et j&amp;#8217;avoue ne pas avoir fait plus attention à elle que  ça au début.Mais elle était  vraiment très ronde. J&amp;#8217;avais besoin de la regarder. C&amp;#8217;est là que j&amp;#8217;ai  remarqué qu&amp;#8217;elle était toute vêtue d&amp;#8217;orange. De la tête aux presque  pieds. Elle portait un pantacourt orange et un pull en grosse côte de  maille orange carotte. Elle était rousse, avait le teint pâle mais rosie  et poussait le détail jusqu&amp;#8217;à porter des lunettes de soleil imitations  écailles de tortue sur la tête. Tout chez elle était en rondeurs. De ses  tous petits pieds à son gros ventre, en passant par ses mollets et son  visage. Elle m&amp;#8217;a fait penser à un gros Dragibus orange. Cette  omniprésence de couleur orange aurait paru ridicule sur n&amp;#8217;importe qui  d&amp;#8217;autre. Mais sur elle j&amp;#8217;ai trouvé ça harmonieux. C&amp;#8217;était la grosse dame  orange du train. &lt;/p&gt;</description><link>http://portraitsentransports.tumblr.com/post/4752457813</link><guid>http://portraitsentransports.tumblr.com/post/4752457813</guid><pubDate>Tue, 19 Apr 2011 20:42:12 +0200</pubDate></item><item><title>Ils sont mignons ces deux-là</title><description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;28 janvier 2011&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Âgés de la vingtaine, habillés simplement, juste un peu BCBG. Ils ont deux sacs de voyage qui les encombrent. Alors le garçon décide d’aller les mettre dans le compartiment réservé aux bagages.  Je ne m’en rends pas compte tout de suite parce que j’écoute ma musique mais ils parlent anglais. Ce qui m’a troublé, c’est de voir à quel point ils se ressemblent physiquement. Les mêmes yeux ronds. Les mêmes joues roses. Tous deux assez grands.  Qui se ressemble s’assemble&amp;#160;?… Dans leur cas, il semble que oui.&lt;br/&gt;J’aime bien comment le garçon regarde la fille parler. Elle fait des gestes avec les mains. Lui a mis son bras autour d’elle et ne la quitte pas du regard. Il a vraiment l’air amoureux.  Avant cela ils ont tous les deux mangé une pomme chacun. Lui l’a finit beaucoup plus vite qu’elle. Mais c’est aussi elle qui parle le plus. &lt;br/&gt; Ils descendent au même arrêt que moi, dans ma ville. J’avoue que je me demande toujours ce que les touristes viennent y faire, comme si dans leurs vacances ma ville est un lieu incontournable à visiter. D’ailleurs c’est surtout des touristes étrangers que je croise. Eux deux semblent à peine sortis de l’enfance, bien qu’ils soient adultes sans aucun doute. Ils dégagent une vraie tendresse. &lt;br/&gt;Je les trouve mignons ces deux-là.&lt;/p&gt;</description><link>http://portraitsentransports.tumblr.com/post/3273936851</link><guid>http://portraitsentransports.tumblr.com/post/3273936851</guid><pubDate>Sun, 13 Feb 2011 17:46:00 +0100</pubDate></item><item><title>Une histoire de pulls, ou de cheveux</title><description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;11 janvier 2011&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il avait un pull en laine gris et  blanc avec des rennes dessinés dessus.  Ses manches étaient trop  courtes. Il portait des lunettes à montures  fines, une barbe d&amp;#8217;environ 5  jours, des cheveux un peu hirsutes  bruns/gris, un jean sale. Il lisait  un magazine de bricolage, ou plutôt  d&amp;#8217;ébénisterie, avec des techniques  très précises. Un magazine qui se  transforme en fiches qu&amp;#8217;on peut  mettre dans un classeur. Avec les trous  déjà faits. Il l&amp;#8217;a rangé puis a  posé une sorte de vieille radio ou cibi sur le siège à côté de lui. Il a  regardé son téléphone quelques secondes. Un vieux Sagem avec une   housse à scratch bien d&amp;#8217;époque. Puis il a sorti un calepin à petits  carreaux tout écorné, un bloc-note plutôt, sur lequel  était dessiné une  sorte de schéma (un gribouillis pour moi) auquel il a  apporté quelques  modifications. Il l&amp;#8217;a rangé puis a mis sa veste. Une veste noire en  grosse côte de velours. Il avait de grosses mains épaisses, l&amp;#8217;air assez  grand vu de son siège. Il portait une banane à la taille.&lt;br/&gt; Ce qui était drôle finalement,  au-delà de son style parfaitement démodé (fut-il un jour à la mode  d&amp;#8217;ailleurs&amp;#160;?), c&amp;#8217;est qu&amp;#8217;à côté de lui, à un siège plus loin, se trouvait  un autre homme à la barbe de 5 jours environ, cheveux un peu plus gris,  tout aussi hirsutes, avec pantalon en velours, lunettes à montures  fines, une vieille sacoche sur les genoux. Il lisait un bouquin. Un  roman je crois. Et il portait lui aussi un vieux pull en laine. Avec une  sorte de motif patchwork dans les tons jaune moutarde.&lt;br/&gt; Je crois que je me suis revue il  y a plus de quinze ans en arrière, quand je prenais le train avec ma  mère. À croiser quotidiennement ces mêmes gens. Les temps changent,  certes, mais il y a des choses qui restent.&lt;/p&gt;</description><link>http://portraitsentransports.tumblr.com/post/2762534723</link><guid>http://portraitsentransports.tumblr.com/post/2762534723</guid><pubDate>Sat, 15 Jan 2011 18:51:00 +0100</pubDate></item><item><title>Le gars super super expressif</title><description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;5 janvier 2011&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au début je l&amp;#8217;ai vu de loin qui souriait et je pensais   qu&amp;#8217;il était en train de parler à quelqu&amp;#8217;un. Mais en fait non il était   tout seul. Alors je l&amp;#8217;ai observé un peu plus. Il a arrêté de sourire   puis s&amp;#8217;est mis à froncer les sourcils l&amp;#8217;air pensif en regardant par la   fenêtre. Je trouvais ça marrant de voir quelqu&amp;#8217;un d&amp;#8217;aussi expressif. Le   mec, il doit tellement visualiser ce à quoi il pense qu&amp;#8217;il en rigole ou   qu&amp;#8217;il s&amp;#8217;énerve tout seul. Et puis il regardait partout, dans tous les   sens, c&amp;#8217;était drôle. Bon, en vrai, ça doit bien arriver à tout le monde  de faire ce genre de mimiques parce qu&amp;#8217;on pense à un truc. Mais lui, ça  avait l&amp;#8217;air d&amp;#8217;être comme un trait de caractère. Avec ses sourcils  froncés pendant super longtemps, il avait un petit air de Romain Duris  (un petit hein). Après j&amp;#8217;ai essayé de voir s&amp;#8217;il avait de nouvelles  expressions mais il  s&amp;#8217;est endormi. Enfin il faisait quand même une moue  boudeuse.&lt;/p&gt;</description><link>http://portraitsentransports.tumblr.com/post/2626850581</link><guid>http://portraitsentransports.tumblr.com/post/2626850581</guid><pubDate>Thu, 06 Jan 2011 22:05:00 +0100</pubDate></item><item><title>La fille</title><description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;5 janvier 2011&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle avait de grands cils maquillés&lt;span&gt;&lt;/span&gt;,  un visage long et fin, des cheveux blonds mais légèrement châtains aux  racines et des sourcils encore plus foncés. Le tout très naturel. Elle  n&amp;#8217;était pas parfaitement belle mais elle avait quelque chose. Elle  révisait. De la littérature apparemment. Elle était joliment habillée,  un peu BCBG.&lt;br/&gt; Je ne sais pas pourquoi mais il y a quelque chose qui m&amp;#8217;a attiré chez  elle. Un quelque chose que je n&amp;#8217;arrive pas à décrire. C&amp;#8217;est quand même  dommage pour un portrait. Sa fraicheur, son sérieux, son naturel  peut-être. Ou juste ses grands cils au fond. En fait, je crois qu&amp;#8217;elle  me rappelait quelqu&amp;#8217;un.&lt;br/&gt; En tous cas, je l&amp;#8217;ai jalousement trouvé jolie.&lt;/p&gt;</description><link>http://portraitsentransports.tumblr.com/post/2626895552</link><guid>http://portraitsentransports.tumblr.com/post/2626895552</guid><pubDate>Thu, 06 Jan 2011 08:09:00 +0100</pubDate></item><item><title>Brillent billes</title><description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;8 juillet 2010&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout à l&amp;#8217;heure dans le métro, un homme s&amp;#8217;assied en face de moi. Sur les sièges en strapontin, donc à une distance raisonnable.&lt;br/&gt;J&amp;#8217;ai  tout de suite été happée par son regard. Sans l&amp;#8217;avoir réellement  regardé, j&amp;#8217;ai senti qu&amp;#8217;il avait un regard hors-du-commun. Et quand j&amp;#8217;ai  levé ma tête pour le voir, j&amp;#8217;ai effectivement été assez époustouflée.&lt;br/&gt;Il  avait des yeux d&amp;#8217;un bleu si pâle, presque blanc. Mais avec un contour  très marqué. On aurait dit deux grosses billes. De celles qu&amp;#8217;on était  fiers de gagner à la récré et qu&amp;#8217;on ramenait comme des trophées. Il  avait les yeux grand ouvert. Grand ouvert sur le monde, on aurait dit.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je  l&amp;#8217;ai trouvé incroyable. Un physique à la fois effrayant et sympathique.  Parce qu&amp;#8217;il n&amp;#8217;y avait pas que ces yeux. Son visage tout entier le  rendait vraiment spécial.&lt;br/&gt;C&amp;#8217;était un &amp;#8220;petit vieux&amp;#8221; à l&amp;#8217;allure simple  mais à la figure rondouillette. Une grosse tête pas tout à fait ronde,  plutôt ovale mais en même temps très arrondie. Une sorte de grosse boule  écrasée sur les côtés.&lt;br/&gt;Et son nez. Je ne l&amp;#8217;ai pas remarqué  immédiatement mais il avait le  bout du nez très rond et assez gros. Il  m&amp;#8217;a rappelé un personnage du  jeu &amp;#8220;Qui est-ce&amp;#160;?&amp;#8221;, avec lequel on jouait  avec mon frère en voiture (il  avait la version &amp;#8220;voyage&amp;#8221;). Le genre de  bonhomme qu&amp;#8217;on décrit  facilement.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ses grosses mirettes avaient  l&amp;#8217;air minuscules sur cette figure immense. Il était chauve, lui restant à  peine quelques cheveux gris/blanc sur les côtés. Une peau blanche mais  hâlée. Et une bouche, presque figée, tombante en chaque coin, avec de  toutes fines lèvres.&lt;br/&gt;Il avait un visage stoïque. Oui, comme hébété.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Et pourtant, il regardait activement le monde autour de lui de ses yeux incroyables.&lt;/p&gt;</description><link>http://portraitsentransports.tumblr.com/post/2611168709</link><guid>http://portraitsentransports.tumblr.com/post/2611168709</guid><pubDate>Wed, 05 Jan 2011 19:23:00 +0100</pubDate></item><item><title>Cabinet de curiosités</title><description>&lt;p&gt;&amp;#8230; Ou de petites monstruosités.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;9 juin 2010&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a le gros mec vicelard qui commence à se mettre pas loin de  vous dans le métro. Il reste debout alors que vous êtes assise pour  mieux vous mater le décolleté.&lt;br/&gt;Et comme si ça suffisait pas, il vient  finalement s&amp;#8217;asseoir à côté de vous, parce qu&amp;#8217;il est assez grand pour y  voir tout aussi bien et parce qu&amp;#8217;il fait pas assez chaud et lourd dans  la rame, c&amp;#8217;est mieux de se coller.&lt;br/&gt;La tentation du coup de coude dans  les côtes (voire du coup de genou dans les parties) n&amp;#8217;est pas bien  loin. Comme une envie de se couper le bras gauche après, pour plus avoir  à sentir la sensation passée de son bras contre le vôtre.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Y&amp;#8217;a également la petite jeune, sûrement lycéenne. Qu&amp;#8217;est plutôt mignonne. Mais qui a un gros gros souci. La pauvre.&lt;br/&gt;Transpirer des mains à ce point n&amp;#8217;est pas humain. Non, elle n&amp;#8217;avait pas juste les mains moites.&lt;br/&gt;J&amp;#8217;ai  d&amp;#8217;abord vu la sueur reluire sur le dos de son index (oui le dos) (sa  main était accrochée à la barre du métro). Je me suis demandée comment  on pouvait suer à cet endroit (oui j&amp;#8217;ai des réflexions très  intéressantes dans le métro). Du coup, j&amp;#8217;en ai déduit qu&amp;#8217;elle avait dû  se frotter le dos de son doigt contre son front ou que sais-je. Sauf  qu&amp;#8217;elle ne suait pas du front.&lt;br/&gt;Et puis elle a légèrement tourné sa  main et là j&amp;#8217;ai vu toute la sueur dégoulinant de sa paume. C&amp;#8217;était  plutôt affreux et pas ragoutant du tout de bon matin. Le pire étant que  la sueur dégoulinait de plus belle et des gouttes perlaient le long de  la barre du métro&amp;#8230; J&amp;#8217;ai plaint le mec qui tenait la barre en dessous  d&amp;#8217;elle et qui a pas tout de suite vu ce que j&amp;#8217;ai vu (jusqu&amp;#8217;à  certainement sentir une micro-goutte atteindre sa main).&lt;br/&gt;Bref,  j&amp;#8217;avais à la fois un sentiment de dégoût (autant de sueur dégouliner sur  une barre de métro, c&amp;#8217;est quand même immonde) et aussi de compassion  envers cette pauvre jeune fille qui visiblement était pas bien à l&amp;#8217;aise.  Enfin moi, à sa place, je me serais abstenue de tenir la barre et  j&amp;#8217;aurais travaillé mon équilibre (ce que je fais déjà bien souvent  d&amp;#8217;ailleurs).&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Et aujourd&amp;#8217;hui encore (oui parce que le truc de la  fille c&amp;#8217;était ce matin), alors que le métro se remplissait en fin de  journée, qu&amp;#8217;il faisait une chaleur étouffante, je vois entrer un homme  habillé plus ou moins de guenilles très sales avec, dans sa main, un sac  plastique.&lt;br/&gt;Je dois bien avouer que ma première réaction a été de me  dire &amp;#8220;non pas à côté de moi non non non&amp;#8221;. Eh ben, ça n&amp;#8217;a pas loupé. Il  s&amp;#8217;est mis à ma gauche (j&amp;#8217;suis toujours assise à droite dans cette ligne,  à la place la plus près de la sortie, dans le wagon qui s&amp;#8217;arrête pile  au niveau des escaliers pour sortir à ma station. C&amp;#8217;est très pensé comme  placement).&lt;br/&gt;Au début, j&amp;#8217;étais assise, et puis, vu le monde qui  commençait à vraiment s&amp;#8217;accumuler, je me suis levée. Lui a commencé par  rester debout. A ce moment-là, j&amp;#8217;ai bien senti ce que je redoutais&amp;#160;: la  vinasse mélangée à un (gros) soupçon de puanteur (y&amp;#8217;a pas d&amp;#8217;autres mots  je crois).&lt;br/&gt;Pas facile à vivre quand on est serré comme des sardines et que l&amp;#8217;air est déjà à peine respirable.&lt;br/&gt;Ensuite,  il s&amp;#8217;est assis, voyant qu&amp;#8217;il avait suffisamment de place. Je suis  restée debout, moi par contre. C&amp;#8217;était mieux niveau odorat.&lt;br/&gt;Niveau vinasse j&amp;#8217;avais raison, il a même sorti sa bouteille de piquette pour en boire une lichette.&lt;br/&gt;Bref,  faut bien avouer qu&amp;#8217;on préfère les croiser sans trop s&amp;#8217;attarder dans  les couloirs du métro plutôt que de les sentir tout près de nous. Ça  remet les idées en place (et ça teste ton odorat).&lt;/p&gt;</description><link>http://portraitsentransports.tumblr.com/post/2611159696</link><guid>http://portraitsentransports.tumblr.com/post/2611159696</guid><pubDate>Wed, 05 Jan 2011 19:22:00 +0100</pubDate></item><item><title>Follow-me I'm famous</title><description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;27 avril 2010&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On s&amp;#8217;imagine à prendre les transports chaque jour que l&amp;#8217;on ne croisera  que des personnes lambdas qui comme nous vivent les aléas de ces trajets  quotidiens pour gagner leur croûte.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;On  perçoit parfois dans le regard, l&amp;#8217;apparence ou les gestes de certains  d&amp;#8217;entre eux quelque chose de différent. Différent parce qu&amp;#8217;intéressant  en fait. Parfois les gens nous touchent, nous émeuvent, nous interpellent.  Parce qu&amp;#8217;ils sont comme tout le monde et en même temps particuliers.  Parce qu&amp;#8217;ils laissent transparaître leur singularité. Parce qu&amp;#8217;ils ne se  fondent pas tout à fait dans la masse.&lt;br/&gt;Chaque jour, j&amp;#8217;en croise  forcément un. Baladé par le train-train des transports en commun, je ne  le remarque pas toujours tout de suite. C&amp;#8217;est qu&amp;#8217;il est sournois à  vouloir passer inaperçu. Incognito même. Mais ce qu&amp;#8217;il ne sait pas,  c&amp;#8217;est que moi j&amp;#8217;ai l&amp;#8217;œil. Et surtout, j&amp;#8217;ai un blog à alimenter. Alors,  de temps à autre, je me fais physionomiste. Et lui là, au détour d&amp;#8217;un  regard, je le capte, je le reconnais. Il y a des signes qui ne trompent  pas chez cet Homme-là.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Chez l&amp;#8217;Homme &lt;span&gt;célèbre&lt;/span&gt;.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Il croit certainement n&amp;#8217;avoir rien d&amp;#8217;une star, fondu dans la masse multiforme des voyageurs. Et pourtant.&lt;br/&gt;Ses  yeux, ses paupières qui tombent, ses cheveux, sa mâchoire de bouledogue  ou encore son look, ses vêtements&amp;#8230;, ce sont ces détails qui font la  différence.&lt;br/&gt;Ainsi chaque jour ou presque, je croise dans le bus ou  dans le train Didier Bourdon. Il se fait discret avec ses écouteurs sur  les oreilles et son petit sac à dos Quechua, mais je le reconnais dans  son costume. Il veut faire oublier combien il m&amp;#8217;a fait rire. C&amp;#8217;est peine  perdue. Tous les jours quand je le vois, je ris intérieurement.&lt;br/&gt;J&amp;#8217;ai aussi croisé Tom Frager, en coup de vent. Il a disparu si vite que j&amp;#8217;ai pensé qu&amp;#8217;il s&amp;#8217;était volatilisé.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Et  puis y&amp;#8217;avait Patrice Carmouze sur le quai de la gare. Je sais pas si  vous avez remarquez mais c&amp;#8217;est un peu la célébrité qu&amp;#8217;on croise partout  Patrice Carmouze. Un grand à lunettes et aux cheveux gris.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Récemment, j&amp;#8217;ai aussi vu Frodon. Déguisé en agente SNCF. C&amp;#8217;est fou, je me demandais bien ce qu&amp;#8217;il foutait là. En femme en plus.&lt;br/&gt;Et  puis il y a Popeye. Oui, le mari d&amp;#8217;Olive. Lui, j&amp;#8217;ai été assez déçue je  dois dire. Bon, je savais bien qu&amp;#8217;il était pas très beau, mais je  l&amp;#8217;aurais pas imaginé un peu pervers, comme je l&amp;#8217;ai vu.&lt;br/&gt;Vous l&amp;#8217;auriez  vu reluquer le cul d&amp;#8217;une nana. C&amp;#8217;était du matage de fesses en règle.  Debout dans le bus à 20&amp;#160;cm à peine de la fille en question, il a passé  la moitié du trajet à mater son derrière, tête baissée donc. Avec de  temps en temps, un léger coup d&amp;#8217;œil en l&amp;#8217;air vers la fille (certainement  histoire de se dire &amp;#8220;putain le cul qu&amp;#8217;elle a&amp;#160;!&amp;#8221;).&lt;br/&gt;On aurait dit que  plus rien au monde n&amp;#8217;existait à part ses fesses. Il était comme  obnubilé. Ceci dit, la nana avait franchement un gros cul, &amp;#8220;emballé&amp;#8221; en  plus dans un pantalon slim (ou un legging, j&amp;#8217;ai pas trop su déterminer).  Mais quand même, l&amp;#8217;insistance qu&amp;#8217;il a mis dans son matage de fesses,  c&amp;#8217;était carrément écœurant. Déjà qu&amp;#8217;il a pas un physique facile (et une  hygiène des oreilles assez douteuse) alors s&amp;#8217;il pouvait éviter ce genre  d&amp;#8217;indélicatesse, ça serait bien plus plaisant. La pauvre Olive, quand  même.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Après, y&amp;#8217;a aussi la célébrité internationale.&lt;br/&gt;Par  exemple, je croise souvent l&amp;#8217;ami indien de Lorenzo Lamas dans &amp;#8220;Le  Rebelle&amp;#8221;. Mais si, vous savez bien&amp;#160;? J&amp;#8217;ai toujours un élan de sympathie  quand je le vois, comme une envie de lui serrer la pince (ça fait un  bail que vous avez pas entendu cette expression je parie), ça me  rappelle des souvenirs d&amp;#8217;enfance quand on regardait &amp;#8220;Le Rebelle&amp;#8221; avec  mon frère, le samedi après-midi sur TF1. J&amp;#8217;ai aussi vu Will I Am ce  matin. Il en impose le mec. J&amp;#8217;ai pas osé l&amp;#8217;approcher de trop près.&lt;br/&gt;Et dans le bus cet après-midi, y&amp;#8217;avait Carlton. Il a pris un petit coup de vieux.&lt;br/&gt;Mon rêve, ça serait de croiser Monk. J&amp;#8217;suis sûre que c&amp;#8217;est possible. Surtout depuis qu&amp;#8217;il est à la retraite.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Après, y&amp;#8217;a des gens qu&amp;#8217;on reconnaît et qui pourtant ne s&amp;#8217;apparentent pas à des célébrités.&lt;br/&gt;J&amp;#8217;aperçois  souvent ma belle-sœur dans le train. A chaque fois, ça me fait un choc.  J&amp;#8217;ai comme envie de lui dire à quel point je la supporte pas. Mais je  crois qu&amp;#8217;elle me prendrait pour une folle. Non&amp;#160;?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Vous croyez  vraiment qu&amp;#8217;il n&amp;#8217;y a pas deux personnes dans le monde qui soient  parfaitement semblables&amp;#160;? Ou alors sommes-nous tous le double de  quelqu&amp;#8217;un&amp;#160;?&lt;br/&gt;Ça m&amp;#8217;interpelle un peu comme question.&lt;br/&gt;En tous cas, je suis sûre que vous aussi vous en croisez des célébrités. Si ça se trouve, y&amp;#8217;en a même qui travaille avec vous.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je  sais pas vous, mais moi, ça me pimente mon quotidien. On vit des choses  exceptionnelles chaque jour, souvent grâce aux gens qu&amp;#8217;on croise. Et  qui sait, peut-être que moi aussi je suis la célébrité de quelqu&amp;#8217;un.&lt;/p&gt;</description><link>http://portraitsentransports.tumblr.com/post/2611137918</link><guid>http://portraitsentransports.tumblr.com/post/2611137918</guid><pubDate>Wed, 05 Jan 2011 19:19:00 +0100</pubDate></item><item><title>Détails un peu flous</title><description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;15 avril 2010&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&amp;#8217;aime bien observer les petits détails chez les gens.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Les boutons dans le dos des trenchs des filles. Je me demande à quoi ils peuvent bien servir, à part à &amp;#8220;faire beau&amp;#8221;.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Un  homme qui range son passe Navigo dans la poche de son pantalon. Il  passe délicatement la main sous son long manteau noir, puis sous sa  veste de costume, tâtonne un peu, s&amp;#8217;y reprend à deux fois, puis enfin y  parvient.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;J&amp;#8217;aime voir jusqu&amp;#8217;où vont les petits cordons des  écouteurs. Dans le sac à main des filles. Dans la poche d&amp;#8217;une veste ou  d&amp;#8217;un pantalon. Dans la main, le baladeur bien serré.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je regarde  aussi toujours les chaussures des gens. J&amp;#8217;envie les filles aux jolies  chaussures. Je me demande parfois comment elles font pour porter de tels  talons. Je doute du goût des hommes quand je vois à leurs pieds des  chaussures beaucoup trop longues, trop pointues ou trop carrées. Je  guette l&amp;#8217;originalité, mais celle qui serait à mon goût. Je juge les gens  à leur look mais parfois certains me surprennent.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je suis fascinée par les lunettes. Et les yeux qui se cachent derrière.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Il  y a cet homme devant moi dans le bus. Certainement la quarantaine, très  grand, plus d&amp;#8217;1m90. Les cheveux longs poivre-et-sel, ébouriffés mais  noués en queue de cheval. Il n&amp;#8217;est pas beau. Il a de gros yeux marrons  globuleux. Et des lunettes à montures fines mais trop grandes, vestige  de la précédente décennie (enfin précédente précédente, je parle des  années 90, pas 2000). Il a des mains énormes. De grosses paluches comme  on dit. Un gros gabarit quoi. Ses lunettes et son look sont  anachroniques mais pourtant ses vêtements sont assez actuels, de marques  pour la plupart. Il est étrange mais pas plouc. C&amp;#8217;est un personnage.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;La  bague au doigt. Je regarde toujours si les hommes portent des bagues ou  non. Surtout s&amp;#8217;il s&amp;#8217;agit d&amp;#8217;une alliance. D&amp;#8217;ailleurs, je vérifie ce  détail surtout chez les hommes de plus de 30 ans. Un peu par cliché, je  crois.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Et les poils. La barbe, la vraie. Celle de 3 jours. Le  bouc ou presque (les mecs, laissez-tomber ça). La moustache (elle se  fait rare, cela dit). Les pattes.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ça me rappelle cet homme roux.  Avec les sourcils tout ébouriffés, qui partent très nettement vers le  haut et vers l&amp;#8217;avant. Ils doivent bien faire 2cm de long. Lui aussi a  des lunettes. Et un air un peu ahuri. Enfin ce sont peut-être les  sourcils qui donnaient cet effet-là.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Il y a aussi les attitudes.  Je n&amp;#8217;aime pas les gens qui sourient sans qu&amp;#8217;on sache pourquoi. Je me  sens toujours visée. Par contre, j&amp;#8217;ai bien aimé ce gars dans le train  qui était mort de rire en lisant son magazine. &amp;#8220;So foot&amp;#8221; c&amp;#8217;était. Il  riait silencieusement et se cachait le visage pour rester discret. Sauf  que c&amp;#8217;était pas du tout discret. Ça m&amp;#8217;a fait rire.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Toute comme  celui qui s&amp;#8217;assoupit et, secoué vivement par le train brinqueballant,  qui manque de tomber sur le côté. Il se redresse vite, rouvre ses yeux  et se demandent si les gens l&amp;#8217;ont vu. Évidemment que oui. Je trouve ça  mignon car tellement naturel et naïf à la fois.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;J&amp;#8217;aimerais me  rappeler plus de détails. Arriver à mieux les raconter. Mais la fatigue,  le fait que je ne prends pas de notes, et finalement la monotonie de ce  quotidien, m&amp;#8217;obstruent un peu la vue et m&amp;#8217;effacent chaque jour un peu  la mémoire.&lt;/p&gt;</description><link>http://portraitsentransports.tumblr.com/post/2611129163</link><guid>http://portraitsentransports.tumblr.com/post/2611129163</guid><pubDate>Wed, 05 Jan 2011 19:18:00 +0100</pubDate></item><item><title>Les deux copines</title><description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;28 mars 2010&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans  l&amp;#8217;entrée du wagon, il y a des banquettes fixées dans la longueur du  train, je suis sur l&amp;#8217;une d&amp;#8217;elles, et les deux filles dans celle d&amp;#8217;en  face.&lt;br/&gt; Elles sont collées l&amp;#8217;une à l&amp;#8217;autre. La première est assise plus  ou moins normalement, la seconde adossée à une paroi perpendiculaire à  la banquette et sa jambe droite collée à la jambe gauche de son amie.&lt;br/&gt; Elles me fascinent tout de suite par leur proximité.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt; La  première est blonde décolorée. Sa couleur naturelle doit être un  châtain foncé, comme ses sourcils. Des deux, ça doit être la plus  extravertie. Elle a plusieurs piercings (sous la lèvre et aux oreilles)  et un tatouage sous l&amp;#8217;oreille droite (le chiffre sept). Un look assez  décontracté mais coloré avec un maquillage un peu sombre sur les yeux  mais pas too much. Elle est mignonne.&lt;br/&gt; La deuxième est brune, cheveux  bouclés au carré, et porte des lunettes. Sobrement habillée, elle porte  un jeans et une très jolie veste en cuir marron. Et des ballerines  noires au pied.&lt;br/&gt; Je ne la vois quasiment que de profil. Mais je la devine plus calme que sa copine, peut-être plus timide.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt; Elles  parlent sans arrêt. Ont l&amp;#8217;air de se raconter pleins de trucs comme si  elles ne s&amp;#8217;étaient pas vu depuis des lustres. Elles sourient beaucoup.  Et parfois éclatent de rire en se rapprochant l&amp;#8217;une de l&amp;#8217;autre.&lt;br/&gt; Je ne  sais pas de quoi elles discutent car j&amp;#8217;ai mes écouteurs dans les  oreilles avec la musique habituelle. Je n&amp;#8217;ai pas envie de chercher à les  épier davantage. J&amp;#8217;aime les observer sans comprendre totalement.  M&amp;#8217;imaginer ce qu&amp;#8217;elles se disent et qui elles sont.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt; Elles me  fascinent complètement. Je les trouve très en phase avec leur temps et  leur âge (probablement 18/20 ans). Elles ne sont pas trop sophistiquées,  plutôt très craquantes et dynamiques.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt; La première a un tic. Elle  humecte ses lèvres toutes les 30 secondes quand elle parle. C&amp;#8217;est assez  agaçant à observer. Mais elle est très souriante et a un regard  brillant. Elle a aussi un très joli vernis rouge cerise aux ongles. Ça  sied parfaitement à sa peau claire. Je crois qu&amp;#8217;elle est un peu dans le  paraître, dans sa posture et ses gestes. Mais son regard semble sincère  et gentil.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt; Petit à petit, elles se rapprochent. Surtout la  première en fait. Elle parle, rigole puis pose sa main dans celle de sa  copine et la sers.&lt;br/&gt; Elle ne la lâche plus et chacune continue de parler normalement.&lt;/p&gt;</description><link>http://portraitsentransports.tumblr.com/post/2611115403</link><guid>http://portraitsentransports.tumblr.com/post/2611115403</guid><pubDate>Wed, 05 Jan 2011 19:17:00 +0100</pubDate></item><item><title>La femme au décolleté plongeant</title><description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;28 mars 2010&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cinquantaine, les cheveux  blonds-châtains mollement attachés par une pince à dents dont on attache  les deux bouts ensemble, le teint légèrement hâlé, un maquillage un peu  forcé, des bijoux à foison.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Elle porte un haut multicolore avec  une dominance de rose, de rouge et de noir, et plein de motifs. Un peu  froufrouteux (je ne suis une pas une blogueuse mode, vous remarquerez).  Et un décolleté.&lt;br/&gt;THE décolleté. J&amp;#8217;y vois déjà la moitié de ses seins.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Elle  porte bien trop de bijoux. Des bracelets, des colliers et une montre en  or. Des bracelets et colliers de perles. Du clinquant quoi.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Au  début, elle est assise en travers. Elle regarde partout autour d&amp;#8217;elle,  observe les gens, comme ne sachant pas quoi faire de sa peau. Elle  feuillette un magazine, puis le range, plis son manteau, fouille dans  son sac, regarde un peu partout.&lt;br/&gt;Elle se remet face à moi. Puis  croise les bras. Et là, j&amp;#8217;en vois encore plus. Trop pour moi. Je ne  devine plus ses seins mais vois carrément son soutien-gorge blanc. Sans  cette lingerie, j&amp;#8217;aurais vu son téton, clairement.&lt;br/&gt;Ça n&amp;#8217;a pas l&amp;#8217;air de la préoccuper. Je me demande même si elle s&amp;#8217;en rend compte.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Moi  qui suit toujours en train de vérifier que mon décolleté ne plonge pas  trop, ne bouge pas d&amp;#8217;un côté ou de l&amp;#8217;autre, dévoilant un bout de sein,  je trouve ça surprenant et plutôt déplaisant.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;J&amp;#8217;ai fini de noircir mon carnet, je vais me plonger dans ma musique et fermer les yeux, histoire d&amp;#8217;en finir avec ce spectacle.&lt;/p&gt;</description><link>http://portraitsentransports.tumblr.com/post/2611077293</link><guid>http://portraitsentransports.tumblr.com/post/2611077293</guid><pubDate>Wed, 05 Jan 2011 19:13:00 +0100</pubDate></item><item><title>Balade parisienne</title><description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;11 décembre 2009&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le trajet en train s’annonçait bien&amp;#160;: du soleil, de la musique dans les oreilles, deux / trois photos prises en chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis l’arrivée à Paris. Achat d’un ticket de métro au guichet. Je fais  la queue, tranquille. Devant moi, deux filles, étrangères. Elles  n’arrêtent pas de rire, de s’amuser, comme deux gamines. L’une  d’elles me demande de les prendre en photo dans un mauvais anglais. Je  leur réponds un OK bafouillant. Elles me font rire mais je suis presque  jalouse de leur gaieté.&lt;br/&gt;Je n’arrive pas bien à distinguer leur  origine. Espagne, je commence par penser, croyant distinguer un ou deux  mots. J’en conclus qu’il s’agit peut-être de catalan puisque je ne  comprends rien (j’ai vécu 6 mois en Espagne donc normalement, j’arrive à  comprendre en partie). Et en fait, il semble que non. Je penche alors  pour de l’hébreu car l’une d’elles semble dire «&amp;#160;shalom&amp;#160;» au guichetier.  Et puis, leurs mots, leur façon de parler gutturale, presque comme de  l’allemand, me rappelle l’hébreu que j’ai pu entendre en écoutant Yaël  Naïm notamment (chacun ses références). Ça doit sûrement être ça. Enfin, ça n’a pas  d’importance.&lt;br/&gt;Le guichetier est drôle, je le sais car je l’ai déjà  vu, lui ai déjà parlé auparavant. Il a toujours une blague en poche. Je  me souviens avoir été embrouillée par son humour. Je suis définitivement  une fille timide. Ces deux filles, elles, rigolent avec lui. Ça ne  m’étonne pas. L’une d’elles porte des bottes en caoutchouc noires, toute  simples. Étrange.  Elles sont mignonnes. Mais un peu malpolies quand  même. Pas un «&amp;#160;please&amp;#160;» ni un «&amp;#160;thanks&amp;#160;» pour la photo que j’ai prise.  Tant pis. J’ai mis ça sur le compte de l’excitation et de la barrière de  la langue. J’suis pas rancunière de toute façon.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Enfin, je  m’engouffre dans le métro. Direction Saint-Paul / Le Marais. Un coin que  j’aime et où je sais que j’y trouverai forcément quelque chose à faire,  à voir.&lt;br/&gt;Déjà, le métro m’exaspère. Les gens surtout. Qui restent  accrochés à la barre du milieu alors qu’il y a de la place derrière et  que d’autres gens veulent rentrer dans la rame.&lt;br/&gt;Mais bon, passons.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;J’arrive rue Saint Antoine. Il est midi. Je marche. Je cherche un coin où manger.&lt;br/&gt;Erreur &amp;#160;: j’opte pour une formule salade/pâtisserie/boisson à emporter. Je paye  en ticket resto, heureusement. Il me faut donc trouver un coin  tranquille pour manger. Pas facile quand on connaît mal le coin et qu’on  est seule. Je galère, ça m’énerve. Je me fais alpaguer par-ci  par-là, on me demande de l’argent pour tout et n’importe quoi. Je bous  intérieurement. Je suis devenue presque intolérante à ce «&amp;#160;racket&amp;#160;»  permanent.&lt;br/&gt;Je marche donc. Je me retrouve près des quais de Seine. Je  me pose sur un banc où sont inscrites des phrases de Prévert. L’endroit  n’est pas très beau. En face, un bâtiment appartenant à la ville de  Paris, des personnes en grève à l’entrée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je grignote ma salade. Même  pas bonne. J’arrête au bout de 3/4 bouchées. Je pars. Marche le long  des quais, m’assoie sur un autre banc et mange ma tarte aux pommes.  Toute pleine de gelée luisante et gluante. Même pas bonne non plus. Mais  je la mange quand même. Je m’en fous partout. Et j’ai oublié mon gel de  lotion hydro-alcoolique à la maison. J’enrage un peu plus. Heureusement à Paris, les gens passent mais ne  vous voient pas. Ils vous ignorent (sauf ceux qui viennent vous taxer)  et moi, à cet instant, je veux être ignorée, ça tombe bien.&lt;br/&gt;Je finis  ma tarte, bois mon coca light autant que je peux. Puis je jette le tout.  J’ai honte de gaspiller mais je suis trop énervée pour m’en soucier  plus que ça. Et je pars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En face, je vois l’Ile de la Cité et les deux tours de Notre-Dame. Je  n’y vais pas car j’y suis allée il y a peu. Je pars dans l’autre  direction. Je me dirige vers le Centre Pompidou. Je sais que le cinéma  est juste en face.&lt;br/&gt;Je tombe rue de Rivoli. Pour me consoler de ces  déceptions, je rentre chez The Body Shop. Je vais pour acheter un petit  baume pour les lèvres Muscade et Vanille. La vendeuse me dit qu’il y a  -25% sur les produits de la gamme si j’en achète deux. Je n’ai pas le  courage de refuser. Je la suis vers le rayon en question. Je choisis  d’acheter en plus un «&amp;#160;Soin gommant douceur Abricot velours noir&amp;#160;» (tout  un programme). A la caisse, elle me dit que j’ai économisé 4,25€. J’en  ai pour 12,25€. Sauf qu’au départ, je voulais juste le baume à 5€. Je  suis une pigeonne oui. Mais au moins, je sentirai bon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je continue ma route en direction du Centre Pompidou. J’y arrive en  ayant réussi à éviter taxeurs ou autres sondeurs. Je fais le tour du  bâtiment. Passe devant le mk2. Ma séance de ciné commence dans un peu  plus d’une heure. Je prends 2 photos de Beaubourg. En grève donc fermé.  Je le savais, j’étais au courant de leur mouvement de grève. Bien que  j’ai l’impression que cette grève-là n’intéresse pas beaucoup les  médias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me pose à une terrasse de café et commande un café avant même de  savoir si j’ai assez de monnaie. Ouf, j’ai ce qu’il faut. Je me pose et  commence à écrire ce récit sur un carnet tout corné, où est écrit un peu  partout tout et n’importe quoi. Je suis obligée de sauter des pages  pour écrire mon récit, donc je les numérote. C’est drôle, pendant que je suis en train d’écrire, un homme passe, il  est au téléphone et dit «&amp;#160;j’ai réservé 4 stripteaseuses pour le nouvel  an&amp;#160;». Ça m’a interpellé et ça m’a fait rire aussi. &lt;br/&gt;J’ai terminé de tout narrer pour le moment. Il est presque l’heure de ma séance ciné. Mon esprit est apaisé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;La suite de ce récit, j’ai voulu  l’écrire dans le train mais je n’ai pas retrouvé mon stylo. Alors je le  tape directement sur mon ordinateur le soir même.&lt;/span&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je vais  donc voir Canine. Ça fait si longtemps que je n’ai pas été au cinéma que  je suis ravie. Dans la salle, les publicités ont commencé. Ça dure  longtemps je trouve, j’aime pas trop. Puis viennent les bandes-annonces.  De beaux films en perspective, j’aime bien regarder les  bandes-annonces. Mais c’est long avant que le film ne commence. Je ne  comprendrais jamais pourquoi les films commencent si tard après l’heure  indiquée. Les retardataires, c’est quand même pas notre problème. Enfin  bref.&lt;br/&gt;Le film commence. Je comprends tout de suite que c’est un film  particulier. Dans ses choix de mise en scène, dans ses dialogues, dans  son scénario. Et c’est le cas.&lt;br/&gt;Je ne ferai pas une critique de ce  film car je ne pense pas être très douée pour cela. D’autres le font  beaucoup mieux. Ce que je peux dire, c’est que c’est pour le moins un  film original, singulier. Parfois drôle avec des situations cocasses.  Mais c’est surtout pour moi un film déroutant. Qui m’a angoissé.  Terriblement. Au point d’avoir une folle envie de quitter la salle. Si  vous n’avez pas lu le résumé, ce film raconte l’histoire d’une famille  qui vit cloitrée dans sa maison et son jardin. Seul le père sort pour  aller travailler et ramener la nourriture. Les enfants, qui sont déjà  plutôt des adultes ou presque, ne connaissent rien de la vie extérieure.  Et ils sont élevés dans la peur de l’extérieur. Ce huit-clos est pour  moi complètement oppressant. Et puis ce qu’il se passe dans la maison…  Parfois, c’est drôle, comme les jeux qu’ils se créent pour s’occuper.  Mais souvent, c’est terrifiant, malsain, voire violent. Bien plus que le  monde extérieur, je pense.&lt;br/&gt;Bref, ce film m’a mis mal à l’aise. J’en  suis sortie angoissée, vidée. J’ai tenu jusqu’au bout car je ne me vois  pas quitter un film, qui plus est intéressant, avant la fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je  suis donc partie après la séance. J’ai voulu retourner rue de Rivoli.  Dans le but de faire un peu de lèche-vitrine. Finalement, je n’ai fait  que marcher. Encore retournée par ce film. J’ai longé la rue de Rivoli  puis la rue Saint-Antoine. Puis j’ai continué jusqu’à ce que je tombe  sur la place de la Bastille. Je me suis donc dirigée vers la gare de Lyon pour retrouver mon train, mon bus puis mon chez-moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’étais  exténuée. Limite au bord des larmes. Finalement, je n’ai pas aimé me  balader seule. Je crois que je ne suis pas une bonne touriste si je ne  suis pas accompagnée. J’ai beaucoup de mal à prendre des photos. Je  n’arrive pas bien à m’orienter. Je n’arrive pas à faire des choix. Donc  je marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le chemin vers la gare, juste après l’Opéra, j’ai  croisé un mec. Je l’ai regardé d’abord de loin car il avait un gros  appareil photo autour du cou (le mien est tout petit et était donc dans  mon sac à main). Je me suis donc dit que lui ferait certainement de  belles photos, ou essaierait du moins. En passant près de moi, il m’a  regardé et m’a sourit, simplement. Je l’ai regardé et quand j’ai vu son  sourire, j’ai été gênée. Comme je le suis toujours en fait. Donc j’ai  baissé les yeux.&lt;br/&gt;A peine j’avais baissé mes yeux que j’ai regretté.  Je l’ai vu et j’ai eu l’impression qu’il s’est dit que j’étais comme les  autres, à ignorer le monde qui m’entoure. Alors que non, là en tout  cas, ce n’était pas le cas. J’étais juste gênée. J’ai donc regretté car  j’aurai voulu lui rendre ce sourire qui semblait si gentil et si sain.Du  coup, j’ai pensé que, finalement, cette journée n’avait pas été si  mauvaise. Elle m’avait appris que tout n’est pas oppressant dans cette  ville, qu’il y a des gens simples qui sourient encore aux passants.&lt;br/&gt;Je  crois que je n’aime pas trop Paris. Cette ville me fait me sentir toute  petite. Trop rien ou trop tout. Elle m’épuise. Je ne m’en étais pas  rendue compte quand j’y travaillais. Peut-être car je n’étais pas la  seule à faire ces mêmes trajets quotidiens. Là, j’étais seule et  j’errais. Je réfléchissais trop. Je ne profitais pas assez. Malgré tout, j’y retournerai, même seule, histoire de m’y confronter et d’évoluer encore un peu plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur  le retour, dans le train, je ne me sentais pas bien. En plus d’être  fatiguée, j’étais encore angoissée. Une angoisse incontrôlable et  irrationnelle.&lt;br/&gt;J’ai fini le trajet avec Yaël Naïm dans les oreilles, la seule musique qui a réussi à m’apaiser, comme quoi.&lt;br/&gt;Et  dans le bus, alors que j&amp;#8217;étais debout me tenant à une barre, juste en  face de la porte arrière, je me suis vue dans le reflet de cette porte.  Et là, je me suis rendue compte que je ne ressemblais pas à celle que je  croyais, une fille un peu paumée, mal dans ses baskets et dans sa peau,  j&amp;#8217;étais juste une jeune femme comme tant d&amp;#8217;autres simplement. Ça m&amp;#8217;a  rassuré.&lt;/p&gt;</description><link>http://portraitsentransports.tumblr.com/post/2611208092</link><guid>http://portraitsentransports.tumblr.com/post/2611208092</guid><pubDate>Tue, 04 Jan 2011 19:27:00 +0100</pubDate></item></channel></rss>
